Entourage d'une toile (sur la face avant), d'une photographie, d'un dessin destiné à mettre en valeur le motif représenté. Au cinéma, délimitation du cadrage, séparant le champ du hors-champ, définissant les plans (voir vidéo ci-dessous).

https://www.liberation.fr/arts/2018/09/03/au-louvre-les-cadres-enfin-superieurs_1676319/ 

Vue de l’exposition «Regards sur les cadres» en 2018, Musée du Louvre, Paris

A l’occasion d’un inventaire de ses collections, le musée du Louvre propose un panorama historique de l’art de l’encadrement et pointe son rôle dans la mise en valeur des toiles.

Longtemps négligées, les «bordures», comme on les appelait aux XVIIe et XVIIIe siècles, font en ce moment l'objet d'un grand inventaire au Louvre. La collection, exceptionnelle, compte environ 9 000 cadres anciens dont 3 000 vides qui composent la réserve. Fruit de la longue et riche histoire du Louvre et de ses collections, celle-ci s'est constituée au fil des réencadrements successifs mais aussi d'une politique d'acquisition très active menée dans la seconde moitié du XXe siècle sous l'égide de l'illustre conservateur et passionné de cadres Germain Bazin. Responsable des dépôts au nord de la ligne de démarcation pendant la guerre, c'est lui qui décide le premier inventaire des cadres restés dans le musée. Christiane Aulanier, bénévole, inspecte alors le revers de 2 000 cadres recensant leurs marques, étiquettes, estampilles ou inscriptions manuscrites. Un travail précieux tant les archives sont peu disertes sur le sujet. On sait en effet très rarement comment les tableaux étaient encadrés sous l'Ancien Régime. Au mieux trouvait-on dans les inventaires des collections royales cette indication : «bordure dorée».

Pourtant, «le cadre n'est pas seulement un objet muséographique permettant d'accrocher le tableau, il possède aussi une valeur artistique qui lui est propre», soutient Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice responsable de la collection de cadres au département des peintures et commissaire de cette exposition qui célèbre l'art du menuisier, du sculpteur ornemaniste, de l'ébéniste et du doreur. Rivalisant de virtuosité, les pièces réunies permettent d'appréhender différentes époques et traditions. Il y a bien sûr les Italiens, qui sont les premiers à avoir développé l'art du cadre, mais aussi l'Ecole du Nord, caractérisée par une certaine innovation dans les techniques, avec l'emploi de nouvelles matières (ébène, écaille…), notamment à partir du XVIIe siècle. Quant aux cadres français, si leur style varie évidemment selon les époques, ils ont pour particularité une grande qualité de dorure, «un art très particulier du doreur à partir de la fin du XVIIe mais surtout au XVIIIe  siècle».

«Alors, sans s'arrêter, les yeux emplis de l'or des cadres, ils suivirent l'enfilade des petits salons, regardant passer les images, trop nombreuses pour être bien vues», écrit Emile Zola dans l'Assommoir

«Il y a au Louvre très peu de cadres d'origine», explique Charlotte Chastel-Rousseau qui, avec cette exposition, met en évidence la dimension historique de la présentation des tableaux.

"Le cadre exige manifestement une proportion extrêmement fine de présence et d’effacement, d’énergie et de retenue si, dans la sphère du visible, il doit servir d’intermédiaire entre l’œuvre d’art et son milieu, que tout à la fois il relie et sépare", Georg Simmel (1858-1918) dans « Le Cadre, un essai esthétique »,« Le promeneur », éditions Gallimard Paris, 2003, page 40, cité dans https://scribeaccroupi.fr/louvre-exposition-regards-sur-les-cadres/ 

 

 Voir aussi : https://journals.openedition.org/polysemes/637#ftn9 

 

 

 


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